Stage du 23 février 2019 au Cheval Autrement …

Qui veille ?

Aller dans le pré pour observer les chevaux.  Dobbin est au foin, Isba au repos non loin de lui.  Nous nous installons, il fait beau, l’herbe est quasi sèche, le foin sent bon, les filles se posent, deux d’entre elles s’allongent.  Isba nous rejoint, elle vient se placer tout près d’elles tandis que Dobbin continue de manger.

Qui veille ? Isba, sûrement, qui ne va pas bouger durant tout ce temps de calme contemplatif, en prise avec les bruissements de la nature, le chant des oiseaux, les machouillements de Dobbin, les respirations profondes.  Les yeux se ferment, les têtes se posent dans les mains, les corps se détendent.

Nous n’allons jamais au pré lorsque les chevaux sont couchés, nous les laissons profiter pleinement de ce moment rare.  Mais nous aimons s’ils viennent se coucher près de nous, nous confiant alors la veille de leur repos. Ici, c’est Isba qui vient veiller sur le repos des filles, attentive et détendue.  Et les filles se confient à elle, comme elles ne l’ont encore jamais fait.

Personne ne touche personne, ni les humains les chevaux, ni les chevaux les humains.

Nous « valons cheval »[1], dans cette proximité confiante et confortable.  Notre présence ne trouble rien de l’activité des chevaux.  Nous sommes là, nous sommes avec eux et Isba choisit d’être avec nous.  Nous n’obligeons rien, et Dobbin continue son repas, près de nous.

Ici et maintenant, sans rien attendre, sans rien demander, sans rien craindre, juste sentir, écouter, respirer.  Méditation en pleine conscience quasiment.  Première expérience de cet abandon (au sens de « s’abandonner ») au plus près des chevaux pour les filles qui vivent ce moment comme un cadeau que leur font les chevaux.

Chevaux et humains sont ici « en relation », reliés sans contact physique mais en présence les uns aux autres. N’est-ce pas ce dont nous rêvons lorsque nous approchons les chevaux ?  Et parfois, le rêve se réalise …

[1] – Merci à Véronique de Saint-Vaulry pour cette belle expression qui dit si bien que nous pouvons, nous les humains, être acceptables pour nos chevaux si nous leur sommes pleinement attentifs …

 

Les étudiants découvrent les chevaux

9-10 février 2019

Le Champ-Saint-Père 3 février 2019 – Une dizaine d’étudiants de l’Université de Nantes
étaient à la ferme Le Cheval Autrement pour une approche basée sur la communication non verbale.

Les stagiaires ont profité des conseils de Maryse Souchard, titulaire d’un diplôme universitaire en éthologie du cheval. Crédit photo Bernard Le Corre

L’initiative

C’est une expérience originale qu’ont vécue des étudiants en Master 2 Logistique Internationale qui terminent leur cursus universitaire. Ils s’apprêtent à partir en stage dans des entreprises, en France ou à l’étranger et se destinent à des fonctions de cadres dans des groupes internationaux pour la plupart.

Tous sont venus au Champ-Saint-Père pour découvrir le monde du Cheval Autrement. C’est à la demande d’un de leurs enseignants, Pierre Bahette, professeur de Logistique Internationale, qu’ils ont vécu cette expérience.

Pierre Bahette est aussi responsable, avec Maryse Souchard, de cette entreprise qui met le cheval au centre d’un processus. Dans ce lieu, on peut devenir comportementaliste équin mais aussi mieux comprendre les aptitudes du cheval et concilier bien-être de la monture et sécurité des humains qui les côtoient …

Développer sa concentration

« Je ressens très vite si je suis déconnectée. Le contact avec le cheval m’oblige à me recentrer. Impossible d’avoir l’esprit ailleurs », explique l’une des jeunes stagiaires du jour.   Sa voisine se montre agréablement surprise par les connexions inattendues qu’elle arrive à créer avec le cheval et d’arriver à surmonter sa peur initiale, liée à un accident familial.

Au milieu de cinq chevaux qui déambulent en totale liberté mais qui donnent confiance, les stagiaires ont surtout fait du pansage avec pour objectif de ressentir les tensions du cheval dans une coopération bien comprise. Au-delà de cette découverte, ce stage est aussi une manière d’appréhender un avenir professionnel où il s’agira de gérer ses émotions, son stress et d’adapter sa communication à l’environnement … « Ils auront à gérer des équipes et doivent aussi maîtriser une communication non verbale », explique Pierre Bahette.

Dans cette optique, les chevaux de La Ferme Autrement sont une belle école pour développer sa concentration et ses compétences relationnelles. Maryse Souchard ne s’y trompe pas, qui indique à une stagiaire que son cheval est totalement apaisé ou à un autre qu’il a plus de mal à lâcher prise et que son compagnon à quatre pattes le lui fait savoir par des petits signes, imperceptibles pour un néophyte.

Crédit photo Bernard Le Corre

Crédit photo Bernard Le Corre

Crédit photo Bernard Le Corre

 

Les samedis du Cheval Autrement …

Bonjour à toutes et tous,

Les samedis du Cheval Autrement reprennent. Merci de bien vouloir confirmer votre présence aux dates suivantes :

Pour les stages de 10h00 à 14h45

  • 26 janvier
  • 23 février
  • 23 mars
  • 27 avril
  • 25 mai
  • 15 juin

Pour les séances des garçons (14h00-14h45, 15h00-15h45, 16h00-16h45)

  • 26 janvier
  • 9 février
  • 23 février
  • 9 mars
  • 23 mars
  • 6 avril
  • 27 avril
  • 11 mai
  • 25 mai
  • 15 juin

Pour les séances individuelles du samedi, le calendrier sera établi le 25 janvier.

Toute l’équipe et les Chevaux Autrement ont hâte de vous retrouver et nous croisons les doigts et les sabots pour que la météo soit clémente … A très vite pour de nouvelles aventures.

 

Label SFECA renouvelé !!! Yesss !!!

                                   

L’équipe du Cheval Autrement est très fière : le Label SFECA Comportementaliste équin de Maryse a été renouvelé pour 5 ans, jusqu’en 2023 !!! Première à l’avoir obtenu en France, elle est donc la première à obtenir ce renouvellement qui vient confirmer la qualité et le sérieux du travail effectué ces dernières années, tant au contact des chevaux et de leurs humains que lors de formations pratiques et théoriques. Et Félicitations à Cynthia Gauthier qui se voit renouveler son Label Comportementaliste félin !

Merci au Jury du Label 2018 de son écoute et de sa confiance et Bienvenue aux nouveaux labellisés :

  • Comportementalistes cheval

Sylvie Anduze-Acher equisatori@equisatori.fr – Label provisoire (pour 2019)

Cécile Roussel cile.roussel@gmail.com – Label provisoire (pour 2019)

  • Comportementaliste chien

Margot Fortin mfortin.ethos@gmail.com – Label provisoire (pour 2019)

  • Comportementaliste vache

Pauline Garcia (2019-2022) ethodiversite@gmail.com

  • Comportementaliste chat

Florence Jodar (2019-2022) florence.jodar@gmail.com

Le réseau s’étoffe et se diversifie, ce sont de bonnes nouvelles pour toutes celles et tous ceux qui cherchent des professionnels afin de les accompagner avec leurs animaux. N’hésitez pas à aller voir le site de la SFECA pour en savoir davantage. Vous pouvez aussi consulter nos pages « SFECA » où vous trouverez l’ensemble des documents expliquant ce à quoi s’engage un comportementaliste labellisé par la SFECA.

Ce Label est une garantie de la formation théorique et pratique des labellisés, de la transparence et de la validité de leurs sources scientifiques, de l’éthique qui anime leurs interventions. Devant la multiplication des intervenants auto-proclamés, auto-formés … et auto-satisfaits, le Label offre une protection à celles et ceux qui ont besoin d’aide.

Notre souhait est que le nombre des Labellisés augmente chaque année pour créer un réseau dense et efficace. Alors, contactez-nous si vous voulez, vous aussi, obtenir ce Label et en savoir davantage sur ses exigences … A bientôt !!!

Ils sont partis, ils sont heureux …

Ils sont partis, ils sont heureux …

… Et même s’ils nous manquent et que les prés sont étrangement vides et calmes, nous savons que c’est pour le mieux.

https://www.youtube.com/watch?v=1iHTnjcBylc&feature=share

Dreki (5 ans), Chérazad (6 ans) et Bahya (7 ans) ont rejoint Adeline Guerin et ses Sabots Libert’Air (https://www.lessabotslibertair.com)  à Entremont-Le-Vieux dans les Alpes. Ils sont allés grandir dans de grandes étendues qui invitent au galop, des dénivelés qui vont les muscler et renforcer leur souffle.  Ils ont rencontré Adeline qui s’occupe d’eux à temps plein, plus que nous pouvions/pourrions le faire.

 

Nous venons de vivre le dilemme des propriétaires « vieillissants » possédant de jeunes chevaux : que faire ? Les garder parce qu’on les a vus naître et grandir, tout en sachant qu’on ne pourra pas les accompagner tout au long de leur vie ? Et les imaginer dans 10 ou 15 ans, sur un site de vente, à « placer contre bons soins », à un âge où les changements sont si douloureux pour les chevaux …

Nous avons fait le choix de trouver pour nos trois jeunes une vie qui allait leur permettre de grandir et de se former dans un cadre idéal avec une personne compétente, partageant nos valeurs et notre approche des chevaux : Confort & Confiance. Deux personnes même, puisque Jean-Guillaume Nardi est le complice d’Adeline et que les soins des chevaux sont assurés …

Nos exigences étaient fortes et nombreuses : nous voulions qu’ils partent ensemble, eux qui ont grandi dans une belle complicité ; nous voulions que Dreki soit accepté malgré cet œil droit qui ne voit plus grand-chose et que ses superbes qualités soient reconnues ; nous voulions qu’ils restent sabots libres, vivant en troupeau et travaillés sans mors ; nous voulions trouver une personne dont l’engagement auprès des chevaux leur garantirait de ne pas changer de mains, sauf cas de force majeure ; nous voulions qu’il y ait un entourage qui puisse prendre en charge les chevaux au cas où … Bref, nous voulions l’impossible … Nous l’avons trouvé et nos chevaux sont heureux : ils galopent, ils se roulent, ils viennent à la rencontre d’Adeline, ils la grooment, ils sont dynamiques, toniques, égaux à eux-mêmes.

Le troupeau, ainsi réduit, des grands est calme, paisible, tranquille. Les mères ont attendu leurs « petits » deux jours, sans stress apparent, on avait bien expliqué le départ. Après quelques jours, le groupe est organisé dans sa nouvelle constitution, les chevaux se déplacent comme à leur habitude, les groomings sont nombreux en ce début de printemps, tout semble aller pour le mieux.

Lorsque ces jeunes chevaux nous sont arrivés, nous sommes restés dans le bonheur de l’instant sans nous projeter dans l’avenir. Leur avenir … Aujourd’hui, après les avoir éduqués en douceur, en légèreté, en respect, nous leur offrons un avenir prometteur. Nous sommes fiers d’eux et fiers de nous. Et nous sommes heureux d’avoir rencontré Adeline au hasard des amitiés virtuelles qui vont devenir, cette fois, bien réelles …

Maryse, Pierre et les Chevaux Autrement

2018 … Sur le chemin de nos rêves …

2017 qui s’achève aura été une année riche d’événements pour le Cheval Autrement : l’arrivée de la belle Veolia et celle de la courageuse Sangria, mais aussi du petit Nutty et tout récemment de la belle Na-Belle – Montagne des Pyrénées – SPA de Saint-Pierre des-Monts – qui ne demande qu’à grandir.

    

  

 

2017 a vu aussi le départ de Sarah, partie vivre de nouvelles aventures dans sa Normandie, qui nous revient régulièrement … On mentirait si on disait qu’elle ne nous manque pas …

2017 a vu aussi l’arrivée des petits enfants du Centre Médico-Psychologique de Luçon (Hôpital Mazurelle) – Elise, Mathéo et Logan – qui viennent approcher les chevaux le jeudi matin et dont les progrès, la confiance et le plaisir nous transmettent une énergie infinie.

2017 a vu tous nos Cavaliers Autrement continuer à apprendre les chevaux, leur communication, leurs comportements, et faire de tels progrès qu’ils seront bientôt tous, à cheval autant qu’à pied, des partenaires confortables et confiants !

      

2017 a accueilli de nouveaux Cavaliers Autrement, petits, moyens et grands, qui, avec l’aide des plus anciens, découvrent le bonheur d’établir avec les chevaux des relations Autrement : Zellie, Jessie, Julie, Luna, Lou.

2017 a vu des entreprises confier au Cheval Autrement le soin de conforter la cohérence et la communication de leurs équipes. Nos Chevaux Autrement se sont révélés des complices exceptionnels dans ces missions auxquelles ils ont apporté efficacité, bonheur et légèreté.

  

En 2017, nos pratiques équestres ont intégré plus de liberté dans le travail avec les chevaux, avec de belles surprises improbables : Sangria qui bientôt valsera aux mouvements des doigts sans même un stick pour la guider, et qui retrouve dans ces figures ses oreilles bien pointée en avant ; Isba qui, dans la liberté qu’elle accorde aux adultes qui l’approchent pour la première fois, est capable de faire pleurer de joie des hommes de cinquante ans quand ils s’accroupissent au milieu de l’espace de travail et qu’Isba quitte son tölt pour librement les rejoindre.

  

2017 a conforté l’organisation et l’accueil de stages et de formations spécialisées. Après Andy Booth et Pierre Enoff, c’est Jean-Michel Boudard qui est venu former les stagiaires Autrement au stretching équin. Il revient en 2018 pour une formation au massage équin, et d’autres projets sont dans les cartons.

Et 2017 fut aussi riche de rencontres, de découvertes, de premières fois, d’étudiants du Master de Logistique Internationale de l’Université de Nantes réjouis d’être au milieu des chevaux. D’autres rencontres sont prévues en 2018, par exemple des étudiants de la Faculté de Médecine de Nantes.

2018 s’ouvre à nous … Une Nouvelle Année est toujours une Aventure Autrement … Alors,  pour 2018, nous vous souhaitons de vous engager, avec nous et nos Chevaux Autrement, fièrement et sereinement, sur le chemin de vos rêves …

La leçon d’embarquement …

La leçon d’embarquement dans le Confort & la Confiance …

Un lundi matin ordinaire, un rendez-vous à l’école vétérinaire, une jument, Sangria (11 ans) qui n’embarque qu’après 2h00 de négociations douces, tendues, tenaces, pugnaces, réconfortantes, insistantes et trois « boîtes » différentes : un van en bois, clair, grand, au pont très bas ; puis un camion avec un chargement latéral ; enfin un camion avec chargement par l’arrière dans lequel elle finit par monter … et une autre jument-amie qui embarque à chaque fois, avant ou après elle, pour la rassurer … Après 2h00, la décision est prise d’annuler le déplacement, d’aller juste faire un petit tour et de reprendre l’après-midi une « vraie » et bienveillante leçon d’embarquement.

Nous avons appris à tous nos chevaux, et à tous ceux qui nous ont été confiés, à embarquer librement, dans le confort et la confiance.  Au point que le camion, ou le van, s’appelle dans le langage des Chevaux Autrement : « La boîte à pommes » !!!  Dreki, dès 18 mois, alors qu’il devait aller à l’école vétérinaire (lui aussi …) se faire opérer pour un testicule coincé dans l’abdomen, est monté librement en suivant l’exemple du grand Vizir qui entrait dans le camion en liberté, allait se placer correctement et attendait tranquillement que l’on vienne lui poser son licol.  Ulhan, Isba, Blossom, Rôdeur, et tant d’autres, ont appris à le faire aussi bien.

Sangria pose un autre type de problème : elle connaît l’embarquement, les camions et les vans, son attitude le prouve. Mais elle refuse avec une grande détermination d’y monter. Même avec son amie de pré dont la présence devait lui prouver qu’elle allait bien revenir à la maison.  Rien n’y fait sauf, ce matin, notre détermination … et sa fatigue !  Elle a finalement cédé, certes, mais elle n’a pas appris.  A nous de revoir ce que nous savons, en commençant la leçon d’embarquement avec un cheval qui, a priori, n’a pas d’hostilité pour l’exercice.

 

On commence donc avec Bahya (6 ans) qui n’a embarqué que trois fois dans sa vie : pour venir à la Ferme il y a 3 ans et cela avait été long et laborieux ; pour aller se faire soigner il y a 2 ans alors qu’elle avait une grosse piroplasmose avec une très forte fièvre et elle n’était pas en mesure de résister ; pour rentrer à la maison et elle avait embarqué d’un bon pas !

  

Nous lui proposons d’embarquer librement, en laissant le camion ouvert et en posant des carottes sur le pont. 5 minutes de reniflage, 2 minutes en bas du pont et hop ! Elle a embarqué calmement, a mangé ses carottes tranquillement et est redescendue doucement. 5 minutes à pâturer et elle est revenue voir dans le camion s’il ne restait pas de carottes … La prochaine fois, nous mettrons le licol et la longe et nous fermerons le bas flanc et la barre de queue. Le travail est bien engagé, la jument est en confiance, le camion est une zone de confort, elle n’y a jamais eu ni peur ni souffrance, tout se déroule donc pour le mieux.

  

On continue avec Sangria …De son passé de voyageuse, on n’en sait rien.  Nous sortons donc Sangria et nous la laissons pâturer librement dans le parking, camion ouvert et carottes sur le pont.  Elle a un licol plat, que nous allons changer pendant l’exercice pour un licol à nœuds, plus précis et surtout plus stable si nous posons très légèrement la main.

C’est d’abord Pierre qui propose à Sangria de s’approcher du camion, puis du pont, sans pression, sans rien demander d’autre que du calme et de la confiance à l’abord de ce « monstre ». La jument accepte volontiers mais si on touche le bas de la croupe à ce moment-là, ses yeux se révulsent et elle est proche de la panique. Elle sait ce que nous attendons d’elle, elle est montée dans ce camion le matin, mais elle ne se résout pas à le faire seule … malgré sa gourmandise … Pierre va rester longtemps assis au bas du pont à caresser Sangria, à lui parler doucement à la rassurer et à l’encourager.  La jument soupire souvent, de longs et profonds soupirs, en appuyant sa tête sur celle de Pierre.

  

Je prends le relai, d’abord la main au licol, puis sur la longe et je propose à Sangria de poser un pied sur le pont. Je vais utiliser l’approche la plus positive possible en limitant tout « renforcement négatif » (de type pression-tension-cession par exemple) au très strict minimum. Je « laisse gagner » la jument en lâchant complètement la longe dès qu’elle manifeste une intention de venir vers moi, avant même un pas. A chaque pas, la jument « gagne » … Elle ne « cède » pas, elle vient. Jusqu’à monter sur le pont, aidée du seau d’herbes qu’elle affectionne, jusqu’à entrer dans le camion où elle finit son seau tranquillement, en regardant autour d’elle, tout étonnée de ne pas être immédiatement attachée, enfermée, isolée.

   

On reste là un long moment, puis je lui propose de redescendre avant qu’elle n’ait complètement fini son seau.  Elle recule doucement, tranquillement et elle descend bien droit sans précipitation. Arrêt en bas du pont, gratouilles et pâture en liberté. 45 minutes, contre les 2h00 du matin, le progrès est immense.

 

Je lui demande ensuite de m’accompagner librement (sans rien tenir en main) jusqu’au bas du pont où elle est récompensée à nouveau. Puis retour au pré !

Sangria nous a donné beaucoup d’informations sur son passé au cours de cette séance. Manifestement, elle a déjà (souvent ?) été embarquée de force, une corde autour de la croupe, peut-être même avec des coups pour qu’elle avance.  Elle s’est sûrement cognée violemment en se pointant puisqu’elle ne voulait pas avancer et qu’elle ne pouvait pas reculer.  Elle craint terriblement d’embarquer, ses souvenirs sont toujours présents et, même si elle nous manifeste une formidable confiance, elle doit faire un très gros effort pour accepter notre demande. En enlevant les tensions-pressions, elle s’est sentie libre et elle n’a pourtant pas reculé : plus besoin de résister, mais encore besoin de réfléchir.

Dans deux jours, nous recommencerons le même exercice dans le même esprit : pas de tensions-pressions, des renforcements essentiellement (exclusivement) positifs et tout le temps qu’il faut. Si la plupart de nos chevaux embarquent en liberté, il faudra peut-être encore du temps à Sangria pour y parvenir … Mais cette jument ne cesse de nous étonner, et tous ceux qui la côtoient, par la vitesse avec laquelle elle comprend ce qu’on lui demande et qu’elle apprend des choses nouvelles.  Elle n’a sans doute pas fini de nous étonner. Et nous avons repris rendez-vous pour elle à l’école vétérinaire parce que nous faisons confiance à son intelligence, comme elle nous fait confiance, elle aussi … La relation est réciproque et tout le monde en sort grandi, les chevaux tout autant que les  humains …

La leçon d’embarquement vaut aussi pour les humains. Ils doivent accepter que, même si le cheval sait ce que l’on attend de lui, même s’il l’a déjà fait, même s’il est adulte, il a le droit de refuser, il a le droit de réfléchir, il a le droit de prendre son temps.

Bien sûr, on pourrait travailler sur le « confort-inconfort », en rendant « confortable » la zone du camion, puis le camion lui-même et « inconfortable » les abords, le pré dans les refus et les reculades. On sait que cette technique fonctionne, qu’elle donne des résultats et nous l’avons pratiquée nous aussi. Mais…

Mais nous ne sommes pas convaincus aujourd’hui que le cheval accepte, qu’il comprend fondamentalement ce que nous lui proposons. Il échappe à l’inconfort, il ne choisit pas le confort. Nous voulons qu’il comprenne qu’il peut aller librement vers le confort que nous lui proposons. S’il le comprend, les embarquements suivants se feront aisément. Si le cheval se contente d’échapper à l’inconfort, il y a de grands risques qu’il faille renégocier chaque embarquement.

Les chevaux sont « gentils », ils utilisent rarement leur force phénoménale pour refuser d’aller où nous les emmenons. Ils manifestent trop discrètement leur désaccord, leur désarroi devant nos demandes humaines. Nous ne voulons pas abuser de cette « gentillesse ». Nous voulons les entendre quand ils nous disent « non », si discrètement.  C’est le prix de la confiance durable, du confort de notre présence près d’eux, mais aussi de notre sécurité et de la leur.

C’est plus long d’agir ainsi. Ce n’est pas spectaculaire. Nous ne « gagnons » pas. Mais nous sommes convaincants, nous inspirons confiance, nous sommes confortables et bienveillants.  Avec les chevaux, nous ne pouvons pas être les plus forts !!!  Et, quand bien même, nous ne le voulons pas … Nous leur proposons une action contre leur nature = monter dans une boîte.  Nous nous devons, et nous leur devons, de les accompagner paisiblement en acceptant leur réticence, leur résistance, leur refus.  Sans rien céder de notre intention, de sa clarté.  Notre détermination est rassurante si elle sait rester sereine.  Et alors, ils viennent sur le chemin que nous leur ouvrons.  Librement.  Le plus beau des cadeaux …

Car ce n’est pas l’objectif qui compte mais le chemin que l’on emprunte pour l’atteindre.

Stage avec Jean-Michel Boudard, « Le Stretching pour votre cheval » au Cheval Autrement, 7 et 8 octobre 2017

Stage d’initiation au » Stretching ostéopathique du cheval et du cavalier »
Méthode originale de Jean-Michel Boudard, en région parisienne
Le stretching: ces concepts, ces indications et contre indications.

Stage animé par Jean-Michel Boudard, Ostéopathe D.O.
Il pratique sur les humains et les animaux depuis plus de 20 ans,  directeur de l’école d’ostéopathie appliquée aux animaux – Paris,  auteur du livre « le stretching pour votre cheval » méthode originale.

Prochaines dates : 07 & 08 octobre 2017 au Cheval Autrement

Laissez vous guider progressivement et expérimentez le toucher du cheval, un début de compréhension de toutes les informations que l’on peut récolter par des gestes simples et précis. Cette initiation vous ouvre un autre mode relationnel avec votre monture.

Dès le premier jour vous pourrez pratiquer, tester et mieux comprendre votre cheval en toute sécurité, pour vous et votre monture.
Le stretching (méthode J-M Boudard) :
Le contenu du livre sera étudié : Tester les articulations et les tensions musculaires, déterminer une stratégie de soin par les étirements, vous pourrez en fin de stage réaliser une séance de stretching pour votre cheval sans être dangereux ni pour lui ni pour vous et le détendre dans le cadre du bien-être, lui permettre de gagner en amplitude et de soulager bons nombres de petites douleurs.

Le stretching du cavalier, outils indispensable pour amméliorer l’équilibre du couple cheval/ cavalier, diminuer les raideurs et douleurs du cavalier qu’il répercute inéluctablement à son cheval.

Ouvert à tous (cavaliers, lads, entraîneurs, propriétaires et amoureux des chevaux et tous les professionnels de la santé, vétérinaires et thérapeutes en humaine) cette initiation ne nécessite aucune connaissance particulière. Cette initiation n’est pas réservée uniquement à ceux qui voudraient devenir professionnels du soin, mais à toute personne désireuse d’expérimenter l’aide au cheval par des moyens manuels simples et comprendre les principes du soin ostéopathique (sans devenir ostéopathe en 2 jours pour autant).
Pour les personnes désireuses de se lancer dans des études d’ostéopathe animalier, ce stage est une excellente mise en situation sur 2 jours de pratique. Vous serez accompagnés par un expert afin de vous confronter à la situation et poser toutes les questions possibles concernant la technique, la philosophie, le contexte et même la politique ostéopathique.
Participation à l’initiation : (2 jours) 250€

Une journée de consultation sera possible le vendredi 06 octobre sur rendez-vous uniquement. (tél: 0686784745)

Lien sur mon site pour vous inscrire: http://www.osteoequine.org/osteo_equine/inscriptions.html